Interview de M. Bamba LO : Directeur Général de PAPS

C’est durant mon activité précédente que s’est fait ressentir l’opportunité de créer paps.  “Nous vendions à l’époque des abonnements téléphoniques, Mais cela nous rapportait assez peu. On a voulu aller au bout de la démarche et livrer nous-mêmes les puces des téléphones. Les gens nous ont alors demandé de livrer tout un tas de choses. Et j’ai très rapidement pensé à créer une appli mobile de livraison en Afrique, où le service postale est souvent défaillant.”

Nous avons deux marchés ciblés, celui du particulier et de l’entreprise :
Pour le particulier, nous nous positionnons comme un service de conciergerie : Bouquets de fleurs accompagnés d’un petit mot ou clefs oubliées dans les vestiaires d’une salle de sport ou gâteaux pour des anniversaires surprises, etc. Pour les livreurs de Paps, les demandes se suivent et ne se ressemblent pas. “La dernière fois, un de nos clients s’est retrouvé à l’aéroport sans son billet. On avait seulement une heure pour aller le récupérer et lui ramener”
Pour l’entreprise, qui représente un axe important de développement pour Paps, nous nous positionnons comme un acteur de logistique dernier kilomètre intégré, nous avons à disposition un espace de stockage de 30m2, une équipe de dispatcheurs cumulant 20 ans d’expériences professionnelles et une flotte de coursiers rapides.
Les sujets sur lesquels nous intervenons sont la distribution de courriers,  documents en tout genre, les démarches administratives, la mise à disposition de coursiers entre autres.

Effectivement, de nombreux acteurs sont présents sur le marché et c’est d’ailleurs certains d’entre eux qui nous ont poussé à nous lancer. Nous étions clients de services de livraison mais nous avions rapidement identifié un bon nombre de sujets sur lesquels les acteurs devaient se professionnaliser. Certains évidents, comme s’enregistrer en tant que société, souscrire à une assurance en cas de pépins, avoir un cursus de formation interne, avoir un matériel suivi pour éviter les pannes etc. et des sujets de fonds plus stratégiques.
Nous avons opté pour le développement de notre technologie, cela nous permet d’avoir tout dématérialisé, signature électronique pour les décharges, suivi en temps réel de notre flotte, notation des  prestations etc.

Je pense que ce sont celles que rencontrent toutes les sociétés, les délais de recouvrement, réussir à faire en sorte que la culture d’entreprise soit partagée par tout le personnel. 

Nous n’avons qu’un an d’activité mais sur le dernier trimestre 2017 nous avons été leader sur le marché de la livraison rapide, nous avons réussi à obtenir un certain nombre de deals. Et nous sommes sur le point de nouer des partenariats stratégiques avec certaines sociétés comme la Poste, ou Orange. Ces partenariats qui nous permettrons d’aller encore plus loin dans la démarche que nous sommes actuellement en train de poser.

La relation avec Orange est assez particulière. Au Sénégal, l’immense majorité des gens (96,5% selon le régulateur des télécoms) se connectent à Internet grâce au mobile. Après avoir remporté l’Orange innovation challenge, nous avons donc travaillé avec l’opérateur sur l’intégration de Paps dans son environnement. Aujourd’hui cela nous permet de travailler avec différentes directions, Logistique, Marketing et nous poussons pour pouvoir travailler avec le courrier afin de pouvoir faire la distribution des factures et autres documents. Un client comme Orange est définitivement un partenaire stratégique pour nous. 

Depuis quelques années les pays en développement, conscients du rôle que peut jouer un secteur privé fort et structuré dans le développement économique et social, mettent en place des politiques qui favorisent sa promotion. L'Etat du Sénégal s'est engagé résolument dans cette voie, même si ce qui reste à faire est tel qu'on peut être amené à penser le contraire. Et le secteur privé se développant amène dans son sillage l'entrepreneuriat.
On entend très souvent la création de structures pouvant accompagner les entrepreneurs etc.  Je pense que lorsque nous aurons une forte communauté de "business angel" capables d’investir entre 3 et 5 millions sur des projets, nous pourrons devenir la Startup Nation d’Afrique de l’Ouest.
Il manque juste de l’implication financière. Des idées et des compétences, nous en avons.

C’est extrêmement passionnant, nous sommes un tiers de confiance pour nos clients et nous gérons des sujets très sensibles, presque tout le CA de nos clients passe par nos mains, que ce soit des factures, des chèques ou autres. Il est évident que nous sommes obligés d’être au niveau pour pérenniser nos relations. 
Nous avons développé des offres totalement adaptées, intégrant stockage, livraison et gestion du cash.  Nous sommes là pour faciliter la vie de nos clients.

Excellente initiative, c’est une mine d’or pour nous, j’ai hâte de voir les modules de formations. Au delà de l’information, c’est un moyen d’apprendre et de se développer.
Je pense que la fonction logistique n’est pas assez mise en avant dans les entreprises. C’est pourtant souvent le talon d’achille ou le point fort de nombreuses structures. Il suffit d’observer Amazon pour s’en rendre compte. Je dis Bravo à toute l’équipe et un grand merci !

L'invité

Bamba LO est un sénégalais de la diaspora qui a décidé de rentrer au Sénégal et de s’installer, il y’a quelques années, après une expérience professionnelle débutée en Europe. Il a bénéficié d’un cursus scolaire assez riche qui lui a permis d’étudier en France, au Sénégal et au Canada.  Ensuite, il a  commencé à travailler pour un éditeur de logiciel français qui proposait à ses clients des solutions clés en main de vidéo et web-conférence. Après cette expérience, il a intégré un cabinet de conseil avant de lancer sa première entreprise, un an après, à Paris.  Rapidement cette société s’est étendue en Tunisie et à Dakar. Elle intervenait dans l’externalisation commerciale, avec un centre d’appel de 55 positions : 13 à Paris, 7 à Tunis et 35 à Dakar, réparties sur des campagnes locales et off-shore.