Aéroport Dakar Blaise Diagne: « Nous travaillons à attirer davantage de compagnies aériennes »

Pape Mahawa Diouf : Depuis son lancement le 7 décembre 2017, nous pouvons dire que l’aéroport Dakar Blaise Diagne se porte bien et entre progressivement dans sa phase de croisière au niveau de l’exploitation et dans la maitrise de l’infrastructure. Nous avons toutes les raisons d’être sereins quant à l’avenir, si l’on se base sur quelques indicateurs clés. En effet, la plateforme a reçu son certificat d’aérodrome le 8 novembre 2018 ; elle a connu une croissance exceptionnelle au cours de la première année avec une qualité de service aux standards internationaux.

PMD : Dès la première année du lancement de nos activités, nous avons eu cinq nouvelles compagnies aériennes dont Air Peace, Rwandair et Camair-Co. L’AIBD accueille aujourd’hui une trentaine de transporteurs et connecte l’Afrique, l’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud, l’Europe et le Moyen-Orient. En 2018, nous avons enregistré une croissance de 9,8% du trafic avec 2,3 millions de passagers traités. Cette année on en projette autant, mais on pourrait connaître un léger fléchissement du taux de croissance.

« Pour une meilleure satisfaction client, nous avons établi un système de suivi en temps réel avec le déploiement de 79 smiley box »

Au niveau de la qualité des services, nous sommes dans les niveaux B de l’IATA, l’Association internationale du transport aérien. Pour une meilleure satisfaction client, nous avons établi un système de suivi en temps réel avec le déploiement de 79 « smiley box », positionnés dans des endroits stratégiques de l’aéroport, notamment dans les zones : Information Desk, Toilettes, Contrôle sureté, Check-in, Immigration police, Embarquement, Salon VIP, Restaurants, Commerces… Ceux-ci nous permettent de recueillir l’impression des usagers tout au long de leur parcours avant d’embarquer. LAS est environ à 85% de satisfaction client.

PMD : LAS a inscrit l’Aéroport Dakar Blaise Diagne dans une démarche de développement durable depuis sa mise en service avec le déploiement de plusieurs stratégies. Nous nous sommes engagés dans la démarche ACA (Airport Carbon Accreditation), qui est un programme lancé en 2009 et porté dans ses débuts par ACI (Airport Council International) Europe. C’est la principale référence internationale reconnue pour la gestion des émissions de carbone des aéroports.

En mars de cette année, nous avons décroché l’accréditation de niveau 1 (Cartographie) du programme ACA ; celui-ci compte trois autres niveaux que sont la  « Reduction », l’ « Optimisation » et la « Neutralité ».  D’autres aéroports en Afrique [10 au total, Ndlr] ont déjà fait le pas avant nous, mais nous sommes résolus à poursuivre nos efforts. Il y a une forte mobilisation au niveau de l’entreprise et une implication progressive de toutes les parties prenantes. C’est à mettre à l’actif du dynamisme de notre département QSE qui travaille à impliquer le maximum d’acteurs de la plateforme.

L'aéroport Dakar Blaise Diagne, dans son fonctionnement, déploie un plan de gestion carbone avec plusieurs actions programmées qui privilégient le recyclage et les énergies renouvelables. Nous avons récemment lancé une opération de reboisement de la zone aéroportuaire, en présence du ministre des Transports Alioune Sarr et de plusieurs acteurs sectoriels. L’initiative du reboisement permet l’amélioration de la qualité de l’air, de régénérer le milieu naturel et surtout de participer à un cadre de vie correct avec les populations environnantes. Il faut également noter que nous disposons d’une station d’épuration d’eau, laquelle est réutilisée pour l’arrosage de nos espaces verts.

En conformité avec l’ambitieuse politique du gouvernement sénégalais en matière de traitement de déchets, nous avons lancé l’initiative « Zéro plastique ». L’objectif au final c’est d’avoir le moins de plastiques possible dans tous les services de la plateforme. Nous mettons également un fort accent sur la sensibilisation, en attirant l’attention des différents acteurs sur l’impact que peuvent avoir leurs actions sur l’environnement.

« Dès la première année du lancement de nos activités, nous avons eu cinq nouvelles compagnies aériennes dont Air Peace, Rwandair et Camair-Co. »

L’autre initiative sur laquelle nous travaillons, c’est la mise en service d’une ferme photovoltaïque. Elle va permettre à LAS d’être autonome, en partie sur sa consommation électrique. L’idéal serait de connecter l’aéroport, durant les heures de pic, à l’énergie solaire. On estime que cela réduira d’au moins 40% les factures d’électricité de la plateforme.

Evidemment, l’utilisation généralisée des LED et le projet de déploiement des taxis hybrides à l’aéroport Blaise Diagne participent également à ces initiatives qui contribuent à la maîtrise de l’impact environnemental.

 

PMD : La mise à jour permanente aux nouvelles mesures de sûreté reste l’un des maîtres-mots dans cet environnement mondial, marqué non seulement par la menace terroriste, mais par de nouvelles menaces identifiées. Au niveau de la plateforme, nous avons une parfaite collaboration avec la Haute Autorité des Aéroports du Sénégal (HAAS) dirigée par le Colonel Babacar Sedikh Diouf, qui fait un travail magnifique pour maintenir des standards élevés en matière de sûreté et d’équipements, mais aussi en termes de formation et de capacitation des agents.

PMD : Effectivement, LAS a une politique de responsabilité sociale d’entreprise très ambitieuse. A cet effet, nous travaillons très étroitement avec les populations environnantes sur les questions d’éducation. Nous avons une académie de formation dénommée « LAS Académie ».  Elle a été lancée en novembre 2018 en partenariat avec l’Université de Thiès.

Nous attachons aussi un intérêt particulier aux questions de santé avec des consultations gratuites en faveur des populations.  Nous accompagnons par ailleurs les jeunes dans des activités sportives. LAS veut maintenir ce contact direct avec les populations locales afin que nous pensions ensemble le développement du terroir et de la plateforme aéroportuaire.

PMD : Le grand défi de tout gestionnaire aéroportuaire c’est de maintenir sa performance en matière de qualité de service, de garantir un taux de satisfaction client élevé envers les passagers et les compagnies aériennes. C’est aussi avoir une vision de développement clair sur le court, moyen et long terme. Au niveau de LAS, nous travaillons à attirer davantage de compagnies aériennes, nous nous mobilisons pour rendre encore plus attractive « la destination SENEGAL ».

Et ceci, nous le faisons en parfaite synergie avec tous les acteurs du secteur, notamment la compagnie nationale, Air Sénégal, dont le potentiel est de nature à contribuer à la transformation de l’aéroport Dakar Blaise Diagne en un véritable hub. La direction générale de LAS, avec à sa tête M. Xavier Mary, a mis sur pied un service développement chargé de démarcher de nouvelles compagnies aériennes. On espère ainsi obtenir chaque année de nouvelles routes au départ et à destination du Sénégal, ainsi que de nouvelles compagnies aériennes qui desservent la plateforme.

L'invité

2,3 millions de passagers traités en 2018. Une trentaine de compagnies desservant l’Amérique, l’Europe et le Moyen-Orient. Une organisation tournée vers les nouveaux défis de sûreté et de développement durable. L’aéroport Dakar Blaise Diagne se « porte bien », selon les propos de Pape Mahawa Diouf, Secrétaire Général de LAS (Limak-Aibd-Summa), gestionnaire de cette plateforme aéroportuaire. Un entretien réalisé par l’Agence Ecofin, en marge de la 13e Assemblée générale de l’Union des gestionnaires aéroportuaires d’Afrique centrale et de l’Ouest (UGAACO), tenue à Bamako (Mali) les 12 et 13 juillet derniers.