Une étude observe la mutation des métiers de la supply chain

Par thierno - 22 juillet, 2021 - 23:10

Profondément transformée par la pandémie, la supply chain doit aujourd'hui jongler avec de plus en plus de paramètres, dont la durabilité... En découlent de nouvelles tendances en matière de recrutement, de métiers et de profils : ceux qui progressent, manquent ou émergent. C'est ce que révèle une étude menée par France Supply Chain et le cabinet de recrutement Michael Page.

D’évidence, la supply chain a traversé depuis presque deux ans une profonde transformation, liée notamment à la pandémie : le bond du e-commerce et les nouveaux comportements qui y sont liés ont provoqué une augmentation de la demande mais aussi de l’exigence du client en matière de suivi de commande, de délai de livraison et de considération du facteur impact sur l’environnement.

Ces évolutions et la pandémie elle-même ont eu une incidence sur l'évolution des métiers, les aspirations des candidats et des entreprises de cette filière. Les experts de l’association France Supply Chain ont mené sur le sujet, avec le concours du cabinet de recrutement Michael Page, une étude "riche d’enseignements".

"Cette étude nous a permis de mettre en lumière de nouvelles opportunités pour la Supply Chain, appelant un vivier de candidats qualifiés, aux profils variés, aux compétences transverses, et dont les “soft skills“ sont de plus en plus questionnées dans le processus de recrutement", remarque Yann de Féraudy, président de France Supply Chain.

27 % des missions

Ce travail a mis l'accent sur les profils les plus recherchés, ceux qui sont les plus difficiles à trouver, leurs attentes, mais également les métiers émergents. Ce sont les responsables ou directeurs exploitation/directeurs de site logistique et responsables supply chain en PME industrielle qui représentent les professions les plus recherchées, soit 27 % des missions traitées par Michael Page.

Dans le contexte économique économique actuel, les PME industrielles et sites d’ETI ont besoin de s’armer d’experts à même de les acccompagner pour renforcer ou transformer leur supply chain. L’industrialisation des sites logistiques fait partie des facteurs favorisant ce scénario.

Paradoxe

Les profils les plus difficiles à recruter sont les Ingénieurs d’études, les responsables Supply Chain PME industrielle, les responsables exploitation logistique ou encore les responsables douanes, dont la fonction est très impactée par le Brexit.

Concernant les ingénieurs d’études, de niveau Bac + 5, ils choisissent souvent de rejoindre des industriels.

S’agissant des responsables Supply Chain PME industrielle, l’étude souligne une situation paradoxale dans la mesure où de très bons profils formés dans l’aéronautique ou l’automobile sont aujourd’hui en recherche d’emploi en raison de la pandémie, mais pas forcément attirés par le secteur. Les recruteurs, quant à eux, ont tendance à préférer des candidats plutôt issus de leur industrie.

Pas la cote

Pour les responsables exploitation logistique ou transport à potentiel, même si de plus en plus de jeunes diplômés y commencent leur carrière, ces métiers "historiques" de la supply chain sont ceux qui ont le moins de cote d’amour, surtout auprès des Bac + 5.

Souffrant également d’un manque d’attractivité, les métiers de responsable ou déclarant en douane voient peu de professionnels se former. Le Brexit complexifie la situation, même s’il est responsable du doublement du nombre de recrutements.

L’étude constate une augmentation des demandes de responsables transport, coordinateurs service client et logistique, responsables lean et supply chain managers. Pour ces derniers la demande a plus que doublé en 2019, été stable en 2020, selon le cabinet de recrutement Michael Page.

Parallèlement, de nouveaux métiers émergent. Identifiés par les grands groupes, ce sont les architectes supply chain, data analysts supply chain, supply chain innovation leaders et les sustainable supply chain managers qui seront "les hommes et les femmes clés" de la filière de demain.

Les compétences techniques aujourd’hui les plus recherchées sont la finance, la gestion du risque, la technologie/IT (technologies de l'information) et l’orientation commerciale.

Le système nerveux de l’entreprise

Représentant actuellement 60 % à 90 % du coût de revient des produits, la supply chain, avec sa boîte à outils élargie, est un vrai levier de performance pour les entreprises. Conclusion de l’étude, la supply chain se définit de plus en plus comme le système nerveux de l’entreprise, allant bien au-delà de la logistique.

Plus résiliente, elle doit anticiper les risques et gérer les crises.

"Au cœur du business", elle est de plus en plus actrice de la stratégie car elle interroge sur l'offre de service à proposer aux clients comme sur le lieu de production et l’approvisionnement, la sous-traitance, l'organisation de la distribution et des transports, les capacités de production et les niveaux de stocks. 

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