Trop d’accidents de la route au Sénégal !

Cette situation devient incompréhensible et inadmissible dans un pays où le Président de la République a déclaré la tolérance zéro et pourtant, le nombre de morts sur les routes ne cesse de croitre.

Trop, c’est trop ! Les responsabilités sont-elles partagées ?  Est-ce l’Etat ou les transporteurs ?

En tout cas, de nombreux manquements sont à déplorer des deux côtés. L’état des routes, la vétusté des moyens de transport et non sans oublier le facteur humain, sont les principales causes des accidents.

En effet, nos routes sont très étroites, surtout la route nationale numéro 1 qui est la plus empruntée du pays. Le flux des voitures qui y passent est très important et est accentué par le transit de marchandises vers l’intérieur du continent. Ce transport de marchandises est certes très important pour l’économie de notre pays, mais ayons le courage de dire qu’il engendre des problèmes sur nos routes. Parmi ceux-ci, on peut citer la dégradation accélérée de la route et les nombreux accidents sur ce corridor.

La dégradation accélérée de la route est plus ressentie sur le sens de l’aller vers le Mali. Un affaissement de la route qui forme des ornières laissées par les pneus des véhicules de transport, les poids lourds qui transportent le fret débarqué au Port Autonome de Dakar (PAD) à destination de l’intérieur du continent.

Cette dégradation est-elle due à une mauvaise qualité de la route ou à des surcharges à l’essieu ? Mystère !

Et pourtant, il y a des postes de pesage de ces véhicules de transport sur le long de cet axe. La question à se poser est qu’est-ce qui est fait en cas de surcharge de ces véhicules ? Est-ce que les sanctions pour non-respect sur la voie publique des normes de limitation de gabarit, de poids et de charge à l’essieu sont respectées ?

L’étroitesse de la route nationale numéro 1 aussi peut être source de la rapide dégradation de la route car il y a juste deux voies de circulation et des accotements dans certaines zones.

Cette dégradation de la route joue grandement sur la manœuvrabilité des véhicules et leur adhérence et cette situation devient beaucoup plus critique en période hivernale. Le manque des aires de repos sur nos routes est aussi déplorable. En ce qui concerne ces aires de repos, les municipalités des villes devraient y pensent pour leur économie et la sécurité de leur population à l’image de la ville de Sandiara.

Outre l’état de la route, il y a le problème de la vétusté du parc automobile. A voir les véhicules qui assurent le transport au Sénégal, on se demande si ce ne sont pas des corbillards.

L’état de ces véhicules montre l’irresponsabilité, le manque total de respect des transporteurs envers les voyageurs et le laxisme de l’Etat qui laisse ces véhicules circuler.

Les transporteurs devraient songer à renouveler le parc automobile pour la sécurité et le confort des clients qu’ils nomment rois. Malheureusement, cette affirmation n’a pas de valeur au Sénégal, le client est maltraité et malmené par le transporteur. Le client subit un véritable calvaire pour le plus petit déplacement assuré par le transporteur dont le moyen de locomotion est à la fois inconfortable et  non sécurisé. Le transporteur ne pense qu’à encaisser le prix du transport du client, sa cupidité dépasse l’entendement.

Nous nous demandons aussi comment est-il possible que dans un Etat respectable et soucieux de la sécurité de sa population de telles bombes à retardement peuvent subir avec succès la visite technique les qualifiant à effectuer le transport en commun. Ces véhicules ne sont bons que pour la casse !

De plus, la plupart des transporteurs confient leurs véhicules à de jeunes conducteurs qui n’ont aucune conscience du danger. Ceci nous permet d’introduire le dernier facteur des accidents au Sénégal.

Le facteur humain est la troisième cause des accidents. Le secteur du transport au Sénégal est plus informel que jamais, les transporteurs sont pour la majeure partie des illettrés. De vrais calamités sur la route, c’est à se demander si c’est une parfaite ignorance du code de la route ou de l’indiscipline notoire. Ces conducteurs pour la plupart ignorent le danger, ne se contentent que de conduire comme bon leur semble sans se soucier des autres usagers de la route.

Ils causent beaucoup d’accidents aux approches des fêtes religieuses avec le flux important de voyageurs qui quittent la capitale Dakar pour rallier leurs villes natales. Ces accidents sont dus pour la plupart à la fatigue ou au manque de sommeil du chauffeur. Non seulement, ils haussent le prix du transport et ne prennent même pas le temps de se reposer pour être réactifs au volant. De vrais chauffards, ils ne sont pas conscients du danger qu’ils font encourir aux usagers.

La question que l’on se pose quand on rencontre ces fléaux, c’est où et comment ont-ils fait pour avoir leur permis de conduire?

Là aussi, une fois de plus, l’Etat est au banc des accusés, il faut une application effective de la loi régissant l’âge d’acquisition des permis de conduire du transport.

Nous ne pourrions finir cette traversée du transport sénégalais sans pour autant apporter quelques solutions qui réduiraient le nombre de mort sur les routes. Nous avouons que l’Etat déploie des moyens pour la maintenance de nos routes et l’élargissement du réseau national, une bonne chose pour tous les usagers.

Mais, il reste toujours le problème du manque des aires de repos et une loi obligeant les conducteurs après X heures de conduite de se reposer comme, après 4 heures et demie de conduite, recommander l’interruption du voyage pour un quart d’heure ou une demi-heure au conducteur. Il faudra aussi un durcissement des peines et amendes des infractions commises sur la route et l’application immédiate des permis à points.

Etre drastique sur les peines en cas de conduite en état d’ivresse et une forte amende sur les chauffards. Imposer les limitations de vitesse et installer des radars mobiles comme fixes, ce genre de mesures réduira fortement les excès de vitesse au volant.

Et pour éviter toute tentative de corruption à tous les niveaux que ce soit, les contraventions doivent être réglées au niveau du trésor public et effectuées par un système connecté ou par les moyens modernes de paiement en ligne. Les forces de l’ordre doivent être équipées par conséquences et mises dans des conditions de sécurité pour effectuer correctement leur travail à bon escient.
Le renouvellement du parc automobile est une nécessité dans le secteur du transport pour la sécurité de tous.

Et en définitive, nous dirons que pour réduire le taux de mortalité sur la route au Sénégal, il faut sans nul doute une réhabilitation du réseau ferroviaire national. De ce fait, les voyageurs auront la possibilité de prendre le train de se rendre partout dans le Sénégal sans pour autant passer par la route. Le développement du transport maritime et fluvial national aussi permettra de diminuer le flux de voyageurs sur les routes.

Abdoulaye Sene Ndoye

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