Sénégal : la formation en logistique entre balbutiement et reconnaissance

Quand la performance est recherchée à tous les niveaux de la chaine logistique, se donner les moyens de gérer au mieux le facteur humain est fondamental. Cela passe obligatoirement par la formation pour garantir l’excellence opérationnelle de l’entreprise. Mais comment trouver la formation la plus adaptée ? Ce dossier se propose de vous décrire par un tour d’horizon l’offre du marché et de vous donner des conseils pour choisir la bonne école par rapport à vos besoins.

Historique

Depuis les années 2000, la formation en logistique au Sénégal ne cesse de susciter un intérêt particulier au niveau des entreprises et des écoles de formation professionnelle. En effet, même si la logistique reste encore un terrain vierge dans le pays, les premiers modules de formation dispensés, s’accentuaient sur le transit et plus ou moins sur le transport. Il faut attendre en 2003 avec la création du Brevet de Technicien Supérieur (BTS) en Transport-Logistique, un examen d’Etat sanctionné d’un diplôme de Bac + 2, qui marque un pas majeur dans le développement de cette filière dans le pays. Puis, les écoles de formation privée ont commencé à l’intégrer dans leurs programmes et envoyaient chaque année leurs étudiants à cet examen qui est considéré jusqu’à présent comme un baromètre pour mesurer leurs performances.
A la même époque, au niveau des entreprises, le service logistique était presque inexistant. Rares ont été les sociétés qui connaissaient la fonction logistique, son importance jusqu’à l’intégrer dans leur organigramme. Il a fallu que les premières générations de logisticiens sortis du BTS puissent faire comprendre aux chefs d’entreprise le concept de logistique.

Aujourd’hui, de plus en plus, les entreprises intègrent la fonction logistique. D’ailleurs, c’est l’une des filières qui recrutent le plus au Sénégal grâce à un boom du secteur de la logistique occasionné par une multiplication des prestataires logistiques et surtout la mise en œuvre de grandes infrastructures de transport telles que le Train Express Regional, l’Autoroute à péage Dakar-Diamniadio et le pôle logistique de Diamniadio. Ce qui s’est traduit au niveau des écoles de formation par une demande de plus en plus forte des étudiants de cette filière. Celles qui en étaient sont conscientes, ont pu lui créer une branche depuis la première année jusqu’au master et d’autres sont allées plus loin en mettant en place des programmes de formations spécialisés en logistique tels que le Master en Supply Chain Management de l’Institut Africain de Management (IAM) et le Master en logistique pétrolière de l’Institut Supérieur des Transports (IST). Au niveau étatique, nous pouvons remarquer la création dès 2012 des BTS de Transit et Gestion de la Chaine d’Approvisionnement et Logistique où les étudiants y accèdent par voie concours.

L’offre de formation

Le paysage de la formation en logistique au Sénégal est composé d’écoles spécialisées dans ce secteur, peu nombreuses, et d’autres plus nombreuses, qui sont généralistes et donnent une place prépondérante à cette filière dans leur offre de formation. Nous vous proposons ci-dessous une liste d’écoles les plus remarquées :

Centre de Formation aux Métiers Portuaires et à la Logistique (CFMPL)

Considéré par certains professionnels du secteur comme la meilleure école de logistique, le CFMPL a révolutionné la formation en logistique au Sénégal par son offre très différente des autres.
En effet, c’est la seule école en Afrique de l’Ouest qui propose des formations diplomantes en conduite d’engins de manutention. Depuis son arrivée en 2007, le centre a participé incontestablement à la performance du Port Autonome de Dakar grâce à la formation de qualité qu’il a délivrée aux différents acteurs portuaires surtout pour ceux qui sont dans la fonction opérationnelle comme la conduite d’engins de manutention. Il faut reconnaitre que celle-ci était inexistante au Sénégal et coûtaient chers aux entreprises qui envoyaient leurs agents en France pour se faire former et le centre fait 100% d’insertion pour ses étudiants dans cette filière.

C’est aussi, une école qui fait de l’alternance Ecole-Entreprise une réalité ; tous les étudiants qui y entrent par voie de concours, font des stages obligatoirement. Ces derniers sont pris en charge par l’établissement. De plus, le centre offre des formations de courtes durées sous forme de certificats et d’autres en cours du soir mais elles sont exclusivement dédiées aux professionnels ; autrement dit, les demandeurs d’emploi ne peuvent pas y accéder.

Centre Trainmar de Dakar

C’est la première école de logistique au Sénégal. En effet, il a été créé par l’Etat du Sénégal à travers le Port Autonome de Dakar (PAD) et le Conseil Sénégalais des Chargeurs (COSEC) qui le dirigent son conseil d’administration. Au départ, le centre était spécialisé dans le renforcement de capacités des cadres portuaires mais il offre aujourd’hui une formation diversifiée allant de la première année jusqu’au master avec des diplômes d’universités françaises délocalisés sur place. D’ailleurs, c’est ce qui fait sa force et qui poussent beaucoup d’étudiants à s’inscrire dans cette école. Le Centre Trainmar, c’est aussi des voyages pédagogiques à l’étranger chaque année, un corps enseignant de qualité composé de professeurs d’une expérience professionnelle au minimum 15 ans issus du Sénégal et de l’étranger.

Institut Africain de Management

Considéré comme le Leader de la formation en management au Sénégal et classé premier du classement des business schools au Sénégal par Jeune Afrique en 2015, l’IAM n’a pas attendu longtemps pour se consacrer à la formation en logistique. Il existe depuis quelques années une filière Transport-Logistique mais marche à peine, il faut toujours attendre le second semestre de la troisième année pour voir les étudiants faire des modules spécialisés en logistique. Poussée par les opportunités qu’offre la logistique, l’école a lancé l’année dernière son Master en Supply Chain Management en partenariat avec l’université de Michigan. Aujourd’hui, une partie des cours est donnée par des professeurs de Michigan et un voyage d’études est organisé chaque année pour les étudiants.

Institut Supérieur des Transports (IST)

L’IST fait partie des premières écoles à se lancer dans la formation en logistique. C’est une école qui appartient au Groupe Supdeco Dakar qui a très tôt compris l’importance de cette filière. C’est une école spécialisée dans la formation en logistique de la première année jusqu’en master. L’école offre plusieurs masters spécialisés tels que le master en logistique pétrolière et celui en logistique humanitaire.

Jeanne D’Arc Post-Bac

C’est l’école pionnière dans le BTS en Transport-Logistique car elle a été la première à se lancer dans cet examen. Certains disent que le référentiel s’est inspiré de son programme de formation. Ce n’est pas une école spécialisée dans la formation en logistique mais la grandeur de ses résultats dans cet examen lui a donné cette réputation. C’est une école généraliste.
Cependant, l’école n’offre pas pour le moment des masters en logistique, son offre de formation s’arrête en licence 3.

Conseils

Choisir son école ou son programme de formation n’est pas une chose aisée. La plupart des étudiants en logistique font de mauvais choix par rapport à leur formation. En effet, de nos jours presque toutes les écoles à Dakar proposent des formations en logistique puisque c’est la demande qui l’impose. Certaines d’entre elles ont une plus grande de réputation grâce à leur succès dans d’autres filières et où la filière logistique n’est pas une dominante. D’autres sont considérées comme de « petites écoles », accordent une importance capitale à la logistique et en font une dominante. Alors quels peuvent être des critères pour opter, nous vous proposons ci-dessous cinq conseils pour choisir son école ou son programme :

  1. Consulter les programmes de formation en logistique proposée (regarder si c’est de la première année jusqu’en master),
  2. Demander les références des programmes (si c’est un programme local ou international),
  3. Demander les accréditations (est-ce-que c’est habilité par l’Anaq-Sup ou reconnu par le CAMES),
  4. Demander la liste des professeurs qui dispensent les enseignements (existent-il des docteurs ou certifiés).

 

Thierno Abdoulaye DIALLO

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