Secteur extractif : Plaidoyer pour une présence massive de femmes

Par ediallo - 31 mai, 2021 - 07:36

Le secteur extractif au Sénégal est marqué par une faible présence des femmes. C’est pour renverser cette tendance que la Plateforme africaine pour l’autonomisation des femmes (Paaf) a organisé une table ronde sur le thème «Pétrole et gaz : la place des organisations féminines dans le contenu local».

L’occasion a été saisie pour appeler les autorités à impliquer davantage les femmes dans ce secteur en les aidant dans la formation.

Par Dieynaba KANE – Accorder une place importante aux femmes dans le secteur du pétrole et du gaz :

C’est le plaidoyer lancé lors de la table ronde organisée hier par la Plateforme africaine pour l’autonomisation des femmes (Paaf) sur cette question. Les différents intervenants ont reconnu la faible présence de femmes dans le secteur extractif au Sénégal.

Se basant sur le rapport de l’Itie de 2019, publié en 2020, Awa Marie Coll Seck souligne que «dans le secteur extractif, sur 7 951 personnes travaillant dans les 25 entreprises du périmètre de réconciliation, les femmes sont au nombre de 668, soit 8,4% de l’effectif global».

Pis, elles ne représentent que «5% des cadres supérieurs des grandes entreprises du secteur minier, pétrolier et gazier».

Selon la présidente du Comité national de l’Itie, «il y a beaucoup de travail à faire». «C’est clair que c’est un secteur dominé par les hommes, mais les femmes y ont leur place», a-t-elle dit.

Pour Mme Seck, «il faut qu’il y ait au moins un équilibre, une équité». Montrant les ressources générées par ce secteur, la présidente du Comité national Itie renseigne que dans le rapport 2019, «les compagnies ont déclaré un montant global payé aux fournisseurs estimé à 891 milliards, plus que ce qui est reversé à l’Etat».

Ce qui lui fait dire «qu’il y a énormément de moyens et de ressources, mais il faut qu’ils reviennent aux nationaux, et qu’on n’oublie pas les femmes».

Quid de la loi sur le contenu local ? Awa Marie Coll Seck estime qu’elle est une «opportunité à ne pas rater».

S’adressant aux femmes, elle déclare : «C’est à nous de nous l’approprier et de demander que tout ce qu’il faut que l’Etat fasse, que les collectivités locales fassent, soit au service des femmes. Cette loi va nous permettre de mettre sur la table des ressources financières importantes.»

Pour que la gent féminine puisse profiter de l’exploitation du gaz et du pétrole, et des mécanismes mis en place, Awa Marie Coll a proposé des pistes.

«L’impulsion des femmes dans la chaîne d’approvisionnement et dans les politiques et projets du secteur extractif local est une exigence.

Les informations sur le contenu local doivent être partagées en toute transparence, les capacités des femmes renforcées et des vocations suscitées partout où c’est nécessaire, des financements octroyés pour l’autonomisation des femmes et les fonds d’appui au développement local correctement mis en œuvre pour que toutes les opportunités offertes par la loi sur le contenu local puissent être saisies», a-t-elle indiqué.

Prenant part à cette rencontre, le directeur de Cabinet du ministre du Pétrole et des énergies soutient que le gouvernement est conscient que «les femmes sont sous représentées dans le secteur extractif».

Ainsi, Issa Dione promet que son département va travailler avec les acteurs pour que le défi soit relevé «afin qu’elles puissent participer activement».

Cela, souligne-t-il, «leur permettra de bénéficier des opportunités de la chaîne de valeurs et d’augmenter la part de marché sur le contenu local».

La présidente de la Paaf a insisté sur la nécessité «d’inclure une dose féminine dans tout l’écosystème des hydrocarbures».

«Ce secteur dont l’exploitation constitue un tournant majeur de notre économie appelle pour sa valorisation une pleine implication des femmes», a-t-elle plaidé.

Sur cette base, Maïmouna Diagne invite l’Etat à ouvrir davantage les portes des spécialités, jusqu’ici réputées masculines, aux femmes.

Selon Mme Diagne, «l’expérience internationale a suffisamment montré que le travail des femmes est porteur d’inclusion, de stabilité, d’équilibre social, de productivité du travail et de pérennité dans la construction de richesses».

dkane@lequotidien.sn

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