Réchauffement climatique : la honte de prendre l’avion, ce modèle venu de Suède

Par thierno - 9 juillet, 2019 - 09:57

Venu tout droit d’Europe du Nord, ce mouvement touche de plus en plus de particuliers qui, soucieux de réduire leur empreinte carbone, veulent lutter contre le changement climatique et préfèrent le train à l’avion, jugé trop polluant.

Le constat est bien connu. L’avion a totalisé en 2019 plus de 4 milliards de passagers dans le monde. Ce moyen de transport, l’un des plus utilisés dans le monde, est aussi l’un des plus polluants. Selon le Réseau action climat, si rien n’est fait avant 2050, les émissions de gaz à effet de serre dues au transport aérien devraient tripler et continuer à aggraver le réchauffement climatique.

  • Objectif : neutralité carbone en 2045

La gouvernement suédois a annoncé sa volonté d’atteindre la neutralité carbone d’ici 26 ans. Le royaume scandinave qui qui compte parmi ses citoyens l’icone activiste de la lutte pour le climat,  la jeune Greta Thunberg, devenue à 16 ans une star mondiale en observant chaque vendredi depuis la rentrée 2018 une grève de l’école pour le climat qui a essaimé sur tous les continents, ne plaisante plus avec les questions de mobilité. Face à l’urgence climatique, la Suède a déclaré la guerre au carbone. Sur Terre et dans les airs.

  • Les Suédois qui aiment la planète prennent le train

Après le "plogging", cette activité sportive inventée par le royaume nordique qui consiste à faire son jogging en ramassant les détritus rencontrés sur son chemin, la dernière initiative suédoise en date pour protéger la planète, c’est le "flygskam". Soit, en bon français, la "honte de prendre l’avion".

Phénomène qui prend de l’ampleur au point d’inquiéter le secteur du transport aéronautique, le nouveau modèle scandinave qui remet en question l’avion a son contraire : le "trainbrag". Autrement dit : la "fierté de prendre le train". Ce mode de transport en commun qui émet 14 à 40 fois moins de CO2 que l’avion, est en effet un excellent allié face à l’urgence climatique. Au moins sur les destinations intérieures, et sur les courtes et les moyennes distances.

vec la Norvège sa voisine, la Suède qui ambitionne "d’être l’un des premiers pays développés sans énergies fossiles" d’ici à 2030, était déjà en pointe pour les voitures électriques. Désormais, de plus en plus de voyageurs suédois s’engagent à abandonner l’avion, trop émetteur de gaz à effet de serre, pour utiliser le train, transport en commun beaucoup plus vert. Pour leurs vacances, mais aussi pour leurs déplacements professionnels. Certains le font savoir sur les réseaux sociaux, comme ce voyageur qui a préféré l’interrail à l’avion.

Cette mode était même au centre d’un salon sur les vacances en train, organisé les 30 et 31 mars 2019 à Stockholm, destiné à tous ceux qui cherchent des alternatives à l’avion pour des raisons environnementales. Naturellement, la Suédoise Susanna Elfors qui l’a imaginé, a aussi créé un groupe Facebook qui compte déjà 74.000 membres. D’autres groupes se sont déjà créés en Norvège et en Finlande et pourraient essaimer ailleurs.

  • La montée en puissance du trafic ferroviaire

Une taxe dans les aéroports suédois

Le "flyskam" impacte déjà le trafic aérien suédois qui a commencé à fléchir sur certaines lignes intérieures. Dans le même temps, le trafic ferroviaire, lui, bat ses records historiques avec une croissance de + 4,5% en un an pour la clientèle d’affaires et de 11%pour les trains de nuit, dont c’est le grand retour. Inquiet de ne pas respecter l’Accord de Paris, le gouvernement suédois qui accompagne ce mouvement, veut développer l’offre ferroviaire. Et depuis un an, il prélève sur les billets de tous les passagers partant d’un aéroport suédois une taxe et incite également les compagnies aériennes à mélanger du biocarburant à leur kérosène.

  • Pour le climat, l’avion, c’est dépassé

En Suède, la voiture à énergie fossile était déjà dépassée. Désormais, c’est l’avion qui en prend un bon coup dans l’aile. Il est vrai qu’au départ, il y a le constat que dans ce pays où l’hiver est très long, on prend cinq fois plus l’avion qu’ailleurs en Europe. Inquiets pour le climat, voilà les Suédois prêts à faire Stockholm-Turin en 37 heures de train pour leurs vacances en Italie…

Comme je ne prends pas l’avion, je vais devoir traverser l’Atlantique autrement. Je n’ai pas encore vraiment trouvé de solution mais de toute façon j’irai.

  • Greta Thurnberg, dans le journal "Dagens Nyheter", juin 2019

Récompensée le 7 juin 2019 du prestigieux prix "ambassadrice de conscience" d’Amnesty International , Greta Thurnberg a annoncé fin mai qu’elle allait prendre une année sabbatique et se rendrait en septembre à New York pour participer au Sommet mondial sur le climat organisé par l’ONU.

Elle qui ne se déplace qu’en train et qui a mis environ 32 heures pour rallier Stockholm à Davos, lors du forum de Davos, en janvier dernier, réfléchit au moyen de franchir l’océan autrement que par les airs. 

Cathy Lafon

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