Quinze chargeurs misent sur le transport à voile

Par ediallo - 31 octobre, 2020 - 11:24

A l’instar de tous les modes, le maritime doit réduire ses émissions de gaz à effet de serre et atmosphériques. L’Europe demande une baisse de 40 % d’ici 2030 tandis que l’Organisation maritime mondiale s’est engagée sur une diminution de 50 % d’ici 2050. Le choix des solutions est libre et le vent réapparait comme une énergie pertinente pour propulser les cargos.

L’innovation n’est pas toujours synonyme de rupture. En témoignent les projets de transport maritime à propulsion ou à assistance vélique présentés le 15 octobre à Paris à l’initiative d’Armateurs de France et Wind Ship.

Ils ont pour point commun d’optimiser le vent comme énergie grâce à l’emploi des dernières technologies navales, de voiles ainsi qu’en matière de prévisions météorologiques et de routing maritime. Celui-ci permet d’identifier les meilleures routes en fonction de la puissance et de la direction des vents grâce à des algorithmes de calcul de plus en plus fiables.

Neoline, trois chargeurs parés pour 2023

Deux projets fédèrent déjà une quinzaine de chargeurs convaincus que le vent est une énergie d’avenir pour le transport de leurs produits par mer. Tel est le cas de Bénéteau, Manitou et Renault partenaires de Neoline.

Créé en 2015 à Nantes, ce jeune armement s’est engagé auprès de ses clients à lancer deux cargos à voile début 2023 sur une ligne aller-retour entre Saint-Nazaire, Saint-Pierre et Miquelon, Halifax et Baltimore.

«  L’investissement de 50 M€ est bouclé à 94 % », confie son directeur Adrien Simonet. Soutenue notamment par son actionnaire Sogestran, la construction des deux navires est prévue à Saint-Nazaire (50 M€). Pour les trois chargeurs engagés dans l’aventure, Neoline leur garantit une réduction de leurs émissions de plus de 80 % pendant leurs trajets maritimes.

Towt, douze chargeurs pour 2022

Premier transporteur et négociant de marchandises à la voile, Towt a convaincu de son côté douze chargeurs sur la pertinence de son offre dont quatre communiquent déjà sur cette logistique : Cemoi, Belco, Longueteau et Ethix Drinks.

Créé en 2011, Towt opère des services maritimes à la voile sur les routes atlantiques et transatlantiques. « Depuis une dizaine d’années, nous avons affrété 18 navires et transporté un million de produits avec à la clé 1 500 tonnes de CO2 économisés », précise son responsable Développement Grégoire Théry.

Pour valoriser son offre qui fournit une traçabilité de bout en bout, la compagnie a même créé son propre label Anemos. « Aujourd’hui, Towt change d’échelle avec la commande de quatre voiliers-cargos. Le premier sera mis à l’eau courant 2022 ».

Pour la construction des quatre navires représentant 70 M€ d’investissement, cinq chantiers dont un français ont répondu à son appel d’offre. La passation de commande est prévue en novembre pour une mise en chantier fin 2020, début 2021

ERICK DEMANGEON

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