Quand des usagers et transporteurs roulent à contre-courant !

Par thierno - 9 avril, 2020 - 14:30

Malgré l’état d’urgence, assorti d’un couvre-feu de 20h à 6h du matin en vigueur au Sénégal, entrainant la suspension du transport interurbain et la fermeture des gares routières, pour éviter la propagation du coronavirus (Covid-19), des usagers et transporteurs continuent de contourner les barrages des gendarmes pour se déplacer entre régions. Gora Khouma, le secrétaire général de l’Union des Transporteurs Routiers du Sénégal, traite ces  transporteurs «d’inconscients».

Pour sa part, Cheikh Omar Gaye, le Directeur des Transports Routiers, assure que la Gendarmerie a déjà intercepté une centaine de véhicules et des personnes qui les conduisaient remis à la justice. Elles risquent 2 mois à 2 ans de prison ferme et des amandes allant de 20.000 à 500.000 francs CFA.

Pis, les transporteurs encourent la suspension ou l’annulation de leurs titres de transports : la Licence et les Agréments qui sont délivrés pour l’exercice du transport.

GORA KHOUMA, SG DE L’UNION DES TRANSPORTEURS ROUTIERS DU SÉNÉGAL «Contourner les directives de l’Etat et du syndicat, c’est de l’inconscience»

Interpellé sur cette question, Gora Khouma, le secrétaire général de l’Union des Transporteurs Routiers du Sénégal condamne ces attitudes de ces transporteurs qui ne respectent pas l’état d’urgence et ne mesurent pas les conséquences de leurs actes en cette période de pandémie qui fait ravage dans le monde.

Pour le syndicaliste, ces attitudes «irresponsables» qui exposent les populations à la menace grandissante du Covid-19 et portent un sacré coup à la lutte contre la pandémie relèvent de l’inconscience. «Ces transporteurs-là ne sont pas sérieux. Ça ne fait partie d’aucune recommandation ; ça ne vient pas  des recommandations du syndicat, ni de l’Etat du Sénégal. Ça, c’est de l’inconscience. Contourner les directives de l’Etat et du syndicat, vraiment, c’est irresponsable pour ceux qui le font», indique-t-il.

Mieux, dit Gora Khouma,  «si je vois des cas pareils, je serais le premier à les dénoncer parce qu’on ne peut pas se débarrasser de cette maladie tant qu’on n’est pas sérieux. Si nous ne sommes pas sérieux, nous garderons cette maladie ; et mieux vaut se débarrasser de cette maladie. Et, pur cela, il faut respecter les directives du ministère de la Santé et  les recommandations de l’Etat du Sénégal».

Pour ce qui est des sanctions, le secrétaire général de l’Union des Transporteurs Routiers du Sénégal, soulignera que «ça, c’est du ressort de fort de la Gendarmerie. Ce qu’on peut faire, c’est de sensibiliser et de faire tout pour qu’il y ait un respect strict des recommandations. Mais, ceux qui ne veulent pas respecter les lois et prennent des chemins qui ne sont pas recommandé, ça c’est à la Gendarmerie de veiller. Nous, nous ne pouvons pas les poursuives», explique-t-il.

CHEIKH OMAR GAYE, DIRECTEUR DES TRANSPORTS ROUTIERS «Une centaine de véhicules et de personnes, actuellement entre les mains de la justice»

«La Gendarmerie est en train de faire son travail. Es gendarmes ont interpelé beaucoup de personnes qui sont en ce moment entre les mains de la justice. Mais, la vidéo qui circule ces temps-ci, c’est une fausse. Ce dont il s’agit, c’est effectivement dans la région de Thiès et précisément dans la commune de Kiréne, département de Mbour.

Il y a une exploitation agricole qui cultive des haricots verts ; en ce moment, c’est la période des cueillettes, le propriétaire du champ a contracté avec cinq cars «Ndiaga-Ndiaye» pour transporter ses ouvriers agricoles, constitués principalement de femmes, des hommes des villages environnants de Kiréne. Donc, pour quitter Noto Diobas et aller à Thiès, il faut nécessairement prendre la voie latérale et  passer sous le pont sous l’autoroute à péage.

Celui qui a filmé (et posté la vidéo) a vu effectivement ces quatre ou cinq «Ndiaga-Ndiaye» qui passaient là-bas pour tirer la conclusion qu’ils sont en train de détourner pour aller à Thiès ou aller à Touba. Ces mêmes véhicules sont aujourd’hui donc garés au niveau de la brigade de la Gendarmerie de Mbour et le propriétaire du champ est interpelé.

En ce moment, il est en audition au niveau de la Gendarmerie de Mbour. Voilà ce dont il s’agit, il ne s’agit pas de transporteurs ou des gens qui empruntent d’autres chemins pour relier Dakar ou d’autres villes comme veut nous faire croire a vidéo ; il n’en est rien du tout. La plateforme de lutte contre la cybercriminalité de la Gendarmerie est en train de faire son travail pour traquer l’auteur de cette vidéo.»

DES PARTICULIERS QUI NE RESPECTENT PAS LA LOI

«Par contre, on a constaté effectivement qu’il y a des Sénégalais particuliers qui profitent de la situation, de cette porte ouverte par l’arrêté du ministre de l’Intérieur instituant le couvre-feu et interdisant le transport interurbain. Donc ils s’engouffrent dans cette brèche des dérogations parce que il y a des dérogations qui sont prévus par l’Acte 3 pour effectivement aller se présenter au niveau de l’autorité administrative, le préfet ou le gouverneur, avec des motifs mensongers pour détenir ses autorisations. Après avoir eu ses autorisations, ils se mettent à appeler des Sénégalais, des usagers qui consentiraient à payer entre 25000 et 50000 francs CFA pour venir à Dakar.»

DES SANCTIONS SEVERES

«La Gendarmerie a interpellé, ces quatre derniers jours, une centaine de véhicules et de personnes qui les conduisaient qui sont actuellement entre les mains de la justice. Et tout ce qui est prévue par la réglementation en termes de contrefaçon et de répression sera appliqué à l’égard de ces contrevenants.

Il y a la loi d’orientation qui punit l’exercice illégal de transport entre deux mois à deux ans de prison ferme et des amendes allant de 20.000 à 500.000 francs CFA. Voilà ce que ces gens-là encourent et ils sont en ce moment entre les mains de la justice. Et la justice est en train de faire son travail.

Maintenant, pour les transporteurs qu’on aurait pris parce que, jusque-là, on n’a pas pris de transporteurs, ce sont des allô-taxis, des particuliers qu’on prend, tous les transporteurs qui essaieraient de faire ces genres de pratiques, risquent jusqu’à la suspension ou l’annulation carrément de leurs différents documents de transports c’est-à-dire la Licence et les Agréments qui sont délivrés pour l’exercice du transport».

Ndeye Anta DIENG

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