PRODUCTION DE CIMENT : Vers la création d’une plateforme d’exportation

Par cheikhba - 24 décembre, 2019 - 13:34

Après plusieurs années d’efforts et d’investissements, l’Algérie est parvenue à atteindre son autosuffisance en ciment et s’est même lancée dans l’export de l’excédent de sa production.

Cependant, les producteurs de ce matériau de construction estiment que les exportations restent en deçà des objectifs assignés. Pour booster davantage cette industrie florissante, les producteurs nationaux ont plaidé pour la réalisation de structures et des services logistiques nécessaires, notamment en ce qui concerne le transport et la logistique en vue de « faciliter » l’exportation du ciment à des prix « compétitifs » à travers notamment la réduction des coûts des transports.

Ce plaidoyer a été exprimé, hier, lors de la tenue de la première Conférence-Expo internationale sur l’industrie cimentière et Clinker en Algérie, portant sur le thème « Cap sur l’export, la logistique et le Transport », organisée à la SAFEX (Alger). Les différents participants ont appelé, à cet effet, à l’élaboration d’une feuille de route avec une seule « ambition » ; accélérer le programme d’exportation de Ciment & Clinker en Algérie, qui s’inscrit pleinement dans la dynamique et la stratégie consistant à assurer des débouchés commerciaux, alors que la production nationale de ciment et Clinker est devenue surcapacitaire

Intervenant à cette occasion, le Secrétaire général du ministère de l’Industrie et des Mines a fait savoir qu’un travail est en cours pour trouver des accès dans les marchés internationaux à l’effet de vendre une partie de l’excédent local et expliqué que cette démarche est en « pleine adéquation » avec les mesures initiées par l’Etat pour rationaliser les dépenses et réduire les importations. «Ces exportations ont pour but de constituer un débouché non négligeable avec lequel, nous pouvons  contribuer à la diversification des revenus hors hydrocarbures», a expliqué M. Karim Gueche qui révèle à cette occasion que l'Algérie a exporté, au cours des neuf premiers mois de 2019, plus de 1,5 millions de tonnes de ciment vers des pays africains comme le Mali et le Niger pour un montant global de 46 millions de dollars, enregistrant du coup une hausse exceptionnelle de près de 275%, en comparaison avec la même période de l'année dernière.

Les exportations de ciments hydrauliques, y compris le ciment non pulvérisé appelé clinker, ont connu également une nette amélioration, passant de 12,4 millions de dollars durant la même période de 2018 à 46,6 millions de dollars à la même période de cette année, soit une évolution de plus 274%.

L'Algérie ambitionne d'augmenter ses exportations de ciment à 500 millions de dollars, au cours des cinq prochaines années, selon les prévisions rendues publiques par le ministère de l'Industrie et des Mines. L'excédent dans la production du ciment devrait atteindre durant la même période entre 10 et 15 millions de tonnes, ce qui permettra, de porter les exportations de ce matériau de construction à 500 millions de dollars. Aujourd’hui, l'Algérie dispose d’une capacité de production de près de 26 millions de tonnes/an quand les besoins de la consommation nationale s’élèvent entre 20 millions à 21 millions de tonnes/an, l’excédent étant appelé à être exporté vers les pays africains.

Prenant la parole, le Pdg du groupe des services portuaires (SERPORT), a fait part des coûts « faramineux » du fret lors de l'opération d'export de ciment, en l’occurrence 42 dollars par tonne, et suggéré l’utilisation des navires polyvalents qui importent d'autres minerais pour exporter du ciment, chose qui réduirait, selon M. Djelloul Achour, les coûts du transport.

A propos justement de ces coûts, l’ANEXAL fait montre de sa disponibilité à aider les opérateurs nationaux en mettant à leur disposition une flotte maritime capable de répondre à la demande. Son président plaide à ce sujet pour l'installation de plateformes logistiques et le renforcement de la flotte nationale de fret maritime et aérien. « Ça évitera au moins d’éviter le recours aux opérateurs étrangers pour l'export », a assuré son président.

M. Ali Bey Nasri cite à ce propos l’exemple d’un convoi vers Dakar (Sénégal) qui nécessite 35 jours de fret maritime.

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