«Le système de transports en commun, clé de voûte d’une politique de mobilité durable»

Par thierno - 9 mai, 2019 - 10:18

Notre système de mobilité est en passe de connaître une transition importante.

Non seulement parce qu’il le faut, mais aussi et surtout parce que c’est possible. Dans notre pays, les transports sont responsables de 22,4 % des émissions de gaz à effet de serre (AEE – Agence européenne pour l’environnement, 2019).

En plus, ce secteur est le seul à ne pas encore avoir réussi à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (VMM – Vlaamse Milieumaatshappij, 2018). Les améliorations technologiques des véhicules sont systématiquement compensées par la croissance rapide de la demande de transports (SPF Mobilité et Transports, VMM, 2018). Cette demande est due, pour l’essentiel, par le trafic routier (81 % pour le transport de voyageurs, exprimé en passagers-kilomètres, et 73 % pour le transport de marchandises, exprimé en tonnes-kilomètres ; chiffres pour 2016, SPF Mobilité).

  • Un défi énorme

Le secteur des transports est un des secteurs qui ne relèvent pas du système d’échange de quotas d’émission de l’Union européenne (secteurs hors SEQE-UE), et d’ici 2030, c’est-à-dire d’ici 11 ans, ces secteurs hors SEQE-UE doivent réduire leurs émissions de CO2 de 35 % par rapport à 2005 si nous voulons atteindre l’objectif climatique fixé. Le défi à relever est donc énorme.

Quant à l’augmentation des embouteillages, elle n’est pas non plus sans rapport avec la croissance continue du nombre de véhicules-kilomètres. Et il serait illusoire de penser que ces problèmes disparaîtraient si l’on développait encore davantage les infrastructures routières, comme le démontrent déjà de nombreuses études empiriques. Sans parler de l’effet que cela aurait sur la qualité de l’air et donc la santé publique ! On dénombre déjà plus de 11.000 décès prématurés, en Belgique, imputables à la mauvaise qualité de l’air (Agence européenne pour l’environnement, Air quality in Europe, 2017). En moyenne, une personne qui vit en Flandre perd, au cours de sa vie, une année de vie en bonne santé à cause de son exposition aux particules fines (VMM).

  • Des combinaisons gagnantes

Nous sommes donc confrontés à des défis impressionnants, mais en même temps, nous assistons à l’émergence de nombreux nouveaux concepts qui nous permettent de nous déplacer différemment : le partage de voitures, vélos, trottinettes et scooters sans avoir à remettre le véhicule à un endroit précis, le covoiturage facilité par des applications intelligentes, ainsi que le concept de « Mobility as a Service », qui intègre tous ces services aux transports en commun sous forme d’abonnement ou de billet unique. Enfin, le vélo et le vélo à assistance électrique connaissent un succès grandissant, tout comme de nombreux autres « engins de mobilité personnelle » tels que les trottinettes, gyropodes et monoroues. Leur utilisation combinée avec le train est elle aussi intéressante.

Aux Pays-Bas, la combinaison « vélo + train » est aujourd’hui le mode de transport qui connaît la croissance la plus rapide. Mais, en particulier dans les villes de Flandre, nous constatons aussi que le vélo est en forte hausse, sa variante électrique jouant un rôle non négligeable dans cet engouement.

Les infrastructures doivent non seulement suivre cette évolution, mais même la précéder, à la fois par la mise en place d’itinéraires cyclables plus nombreux, bien conçus et qui évitent les conflits, et par l’adaptation des hypercentres et des quartiers résidentiels en vue de les adapter au vélo et aux nouvelles formes de mobilité.

La possession d’une voiture doit évoluer vers l’utilisation de solutions de mobilité choisies en fonction des circonstances, ce qui permettra de toujours opter pour le mode de transport le plus approprié.

  • Renforcer la justice sociale

Les transports publics jouent un rôle extrêm²+ement important dans cette transition. En effet, cette transition nécessaire ne pourra avoir lieu sans transports publics efficaces et bien pensés, qui feront office de colonne vertébrale du système. La connexion à des transports publics rapides de longue distance et électrifiés est nécessaire. Les différents nouveaux concepts peuvent alimenter cette colonne vertébrale en voyageurs. Un changement de moyen de transport facilité par des parkings de transit et encouragé par une politique de tarification adaptée peut aussi contribuer à cette transition. Les investissements consentis dans les transports publics contribueront non seulement à améliorer la qualité de vie et la qualité de l’environnement, mais aussi potentiellement à renforcer la justice sociale.

  • Bruxelles comme locomotive

Et pourtant, à l’heure actuelle, les transports publics souffrent d’un financement insuffisant. Cela fait quelques années que De Lijn et la SNCB réalisent des économies (réduction budgétaire de 13 %, étude TML, 2019), avec pour conséquence une baisse du taux de satisfaction de leurs usagers. La Région de Bruxelles-Capitale montre qu’il est possible de s’y prendre autrement : elle a renforcé ses investissements en faveur de la Stib et des infrastructures cyclables, et les données statistiques y témoignent d’une baisse de l’utilisation de la voiture et du nombre de propriétaires de voitures. Quant à la partie du Réseau express régional (RER) qui a été mise en place, elle montre elle aussi qu’un transport ferroviaire efficace, confortable et fréquent est possible et attire les voyageurs.

Pour autant, il n’est pas réaliste d’imaginer qu’à l’avenir, tout le monde va délaisser sa voiture. L’aménagement du territoire chaotique, typiquement belge, ne permet pas à tout un chacun de se passer d’une voiture. Cet aménagement du territoire chaotique est encore aggravé par des systèmes tels que celui des voitures de société accompagnées d’une carte de carburant et par l’absence d’une redevance kilométrique intelligente, sous la forme ou non d’une redevance payable à l’entrée des grandes villes. Toute politique de mobilité doit donc commencer par se pencher sur la question essentielle de l’aménagement du territoire et de la politique du logement. Nous devons évoluer vers des environnements résidentiels plus denses et multifonctionnels, bien reliés entre eux par des nœuds de mobilité.

Enfin, les voitures qui circulent encore devraient être aussi peu polluantes que possible, comme les voitures électriquesEn outre, nous devons également avoir le courage de porter un regard critique sur la croissance rapide du transport aérien et maritime de longue distance, tant pour les passagers que les marchandises. Des alternatives durables, mais aussi un frein à l’expansion seront les composantes nécessaires d’une vision durable du système de transport du futur.

Pour toutes ces raisons, nous voulons apporter notre soutien au manifeste en faveur d’un pacte national pour la mobilité en 2019, qui est présenté aujourd’hui par diverses organisations de la société civile et qui réclame, entre autres, des ressources supplémentaires pour les transports en commun et les infrastructures cyclables

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