Italie. Stefano Messina, armateur : "Pour combattre le Covid-19, il faut des mesures fortes mais sans détruire le tissu économique"

Par thierno - 16 mars, 2020 - 13:22

Pour enrayer la propagation du Covid-19, dont le bilan est de plus de plus de 15 000 cas déclarés, dont plus de 1 000 morts, l’Italie est confinée depuis le 12 mars. Le gouvernement a incité les entreprises au télétravail ou aux congés.

Mais les usines tournent toujours et les mouvements de grève se multiplient, les ouvriers demandant l’interruption des chaînes de montage. L’ampleur des mesures qui s’ajoute à la crise sanitaire pourrait provoquer une véritable onde de choc. Stefano Messina, président de l’association des armateurs (Assarmatori), fait le point sur la situation économique. 

Pouvez-vous brosser un premier bilan des effets  de l’épidémie sur l’économie italienne ?

Stefano Messina : Il est encore trop tôt pour établir un constat réel des conséquences de l’épidémie sur l’économie. Mais il est certain que le dispositif qui a placé tout le pays sous cloche va ultérieurement fragiliser le cluster maritime et, notamment, les services de cabotage et le transport public local.

Plus globalement, toute l’économie mondiale est touchée. La baisse importante de la production en Chine et en Italie va se traduire par une réduction importante des transports, en particulier du volume de trafic des conteneurs et, en rebond, des produits semi-finis et finis.

La peur de la contamination qui a poussé certains de nos partenaires à isoler l’Italie va alimenter l’instabilité économique. J’ai toutefois le sentiment que certains grands pays européens ont sous-évalué la menace représentée par le Covid-19 et qu’ils seront également touchés par l’épidémie dans les prochaines semaines.

Pour les industriels du nord de l’Italie, les mesures de confinement sont trop sévères. Quelle est la position des armateurs ?

S. M. : Pour combattre le Covid-19, il faut adopter des mesures fortes mais sans détruire le tissu économique du pays. Les dispositifs mis en place pour désamorcer l’épidémie vont dans la bonne direction mais il faut, en parallèle, un plan de relance de économique pour éviter un coup de frein sur le long terme. Avec les différentes catégories industrielles, nous réfléchissons actuellement à ce plan.

Quelles mesures devront être adoptées pour redynamiser l’économie lorsque l’épidémie sera jugulée ?

S. M. : Toutes les entreprises ne réussiront pas à relever la tête, il va donc falloir réagir comme dans toutes les périodes de grandes crises et créer des mécanismes pour faciliter la reprise. Et surtout, éliminer les obstacles qui pourraient freiner la reprise comme la bureaucratie. Il va falloir aussi renforcer la protection de l’emploi qui repose en grande partie en Italie sur la production et les services.

Pour Paolo Uggè, président de la Fédération des transporteurs Fai-Conftrasporto, certains armateurs pourraient changer de route et éviter les ports italiens par peur de la contamination. S’agit-il d’un risque concret ?

S. M. : La mobilité des marchandises est un enjeu essentiel et les ports, qui représentent le point de départ de la chaîne logistique, représentent pour nous tous, "une tranchée" qu’il va falloir défendre. C'est pourquoi nous avons demandé par exemple au gouvernement de décréter un moratoire sur les droits d’ancrage qui sont calculés sur la base des dimensions d’un navire.

Il s’agit donc d’un coût fixe qui pénalise les armateurs en l’état actuel puisque les chargements sont moins importants.

Source : actu-transport-logistique

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