Interview de Monsieur Tamsir Ousmane TRAORE : Directeur Général de Tex Courrier Logistics

Tex courrier est une société de transport et logistique détentrice d’une licence d’exploitation délivrée par l’ARTP en  2010.
Nous avons  comme activité :

  1. La messagerie nationale (distribution de masse, navette courrier dans Dakar et les régions les plus reculées du Sénégal, transport de colis en ligne régulière    avec des délais entre 24h et 48h.),
  2. La messagerie internationale (Courrier & colis express, Fret Import/Export au départ ou à destination de 244 destinations),
  3. L’affrètement en camions complets et  le déménagement,
  4. L’entreposage et la logistique.

Fort de ces 05 agences et des 37 destinations desservies quotidiennement sur le territoire nationale, nous mettons,  de ce fait à disposition un ensemble de services cohérents et complémentaires comme le ramassage, la collecte et la livraison à domicile, le retour de fonds (espèce ou bon de livraison), L’assurance marchandises, les états statistiques & EDI (Echange de données informatisées), l’archivage physique des documents et bien évidement le Tracking.

Tout dépend du Business Unit : pour le déménagement, nous sommes un acteur national, capable de fournir une prestation de qualité à des prix compétitifs dans un marché ou prédomine des multinationales.

Pour l’express à l’international, nous sommes beaucoup plus  des challengers car il existe des acteurs historiques mais nous avons notre propre clientèle qui de par nos délais, nos tarifs, notre complémentarité restent fidèles à nos services. Quant à la messagerie nationale, Je pense que l’écosystème nous reconnaîtra notre position de pionnier dans la mise en place de système de transport économique, sécurisé et fiable pour l’envoi de courrier et colis  à l’intérieur du pays. Nous avons d’ailleurs démocratisé certaines bonnes pratiques ainsi que  notre réseau afin de créer à travers ce partage un écosystème performant à même de relever les défis  de la logistique urbaine et régionale.

Nous avons réussi aujourd’hui étoffer notre réseau par la création de nouvelles lignes (tels que Casablanca – Dakar, Banjul – Dakar, Nouakchott – Dakar, Bamako-Dakar), que nous desservons en hebdomadaire ou en Bimensuel.

La poste est un acteur public et le service universel reste obligatoire. Tex courrier est beaucoup plus dans l’approche clientèle. Les clients que nous gérons recherchent une certaine valeur ajoutée, une traçabilité et une sécurité, donc fondamentalement, la poste n’est pas notre concurrent en termes de services proposés et je ne pense pas que nos clients passeront par La poste pour acheminer leurs produits ; néanmoins cette société demeure l’acteur historique et celle qui se devrait peut-être d’impulser le secteur.

Avec une multitude d’acteurs, nous avons du mal à identifier les différents intervenants de la chaine. Pour pouvoir parler de problématique, il faudrait au moins arriver à distinguer le principal segment de la chaine de valeur  et d’identifier le rôle de chaque intervenant.
Maintenant nous pourrions peut être cité quelques freins au développement auxquels sont confrontés certains acteurs, à savoir :

Pour le secteur postal, nous avons une  recrudescence des sociétés de livraison de courriers  à Dakar et ceci sans Licence d’exploitation. Nous parlons ici  d’un ratio de 13 détentrices contre plus de 73 répertoriées dans Dakar, Nous nous demandons où  se trouve la régulation ?

En matière de Fret Aérien, on peut mettre en exergue les problématiques de prise en charge et d’entreposage  des colis au niveau de l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD) ainsi que l’état d’avancement du Cargo Village.
Sur le Fret Maritime, nous pourrions parler de la compétitivité (cout et délais)  du Port de Dakar, vis-à-vis des ports concurrents tel qu’Abidjan.

Sur le Fret Routier, le blocus des camions Sénégalais vers la Mauritanie, la précarité de notre parc roulant par rapport au camion malien autant de chantiers qui nous attendent encore, si nous voulons réellement faire de notre logistique un maitre à jouer dans cette bataille de positionnement économique sous régionale.

Le processus de digitalisation est indispensable au développement du secteur de la logistique. Il faut oser cette dématérialisation et aller jusqu’au bout si nous voulons améliorer nos coûts logistiques et notre compétitivité.

La problématique du pétrole est prise très au sérieux dans ce pays ; le gouvernement est en train de mettre tous les outils pour produire les premiers barils de pétrole qu’il faudra nécessairement  convoyer.

Il faudrait donc  anticiper sur les infrastructures aptes  à aspirer ces flux et c’est le moment de tendre la perche aux acteurs locaux car la logistique pétrolière sera l’une des niches les plus prospères ; il serait dommage qu’elle profite  directement ou indirectement à des entreprises étrangères.

Nous ne disons pas non à l’apport d’expertise étrangère mais faisons quand même les choses ensembles. Un clin d’œil à l’expertise locale, pourrait faire partie des choses qui pourraient tirer les acteurs nationaux vers le haut.
Pour le reste, l’Etat est assez outillé pour savoir quoi faire, quand et comment.

Pour moi, Ce n’est pas entreprendre qui est la finalité. J’ai personnellement voulu faire quelque chose d’utile à ma communauté, et c’est en le faisant que je suis devenu entrepreneur. Le plus important, est d’aimer ce que l’on fait et de se tuer pour acquerir l’expertise. Pour être un logisticien, il faut apprendre et pratiquer le métier et tout cela repose sur la passion.

Tout est difficile  pour entreprendre au Sénégal. L’accès à l’information, L’accès aux financements, le manque d’un statut pour l’entrepreneur, alors que les investissements étrangers sont fortement encouragés.

Toutes ces choses font que l’entreprenariat devient un chemin beaucoup plus tumultueux au SENEGAL par rapport à d’autres pays de la sous-région.

 

Le seul conseil que je pourrai donné aux jeunes est de ne pas regarder ce qui se fait maintenant mais ce qui devra se construire demain : ANTICIPER !

C’est comme ça que l’on arrive à avoir un temps d’avance sur les autres. L’entrepreneur doit avoir cette fibre avant tout communautaire, que puis-je apporte de nouveau à la société et à travers cette solution comment pourrai-je me faire de l’argent ? Essayons de challenger notre avenir et de faire des choses pour les générations futures.

Arica Logistics Magazine est  un référentiel  dans le secteur de la logistique. Elle permet au secteur de mieux se valoriser .C’est une initiative à saluer et à encourager. En espérant voir de nouvelle innovation pour 2019.

L'invité

Tamsir Ousmane TRAORE, est un jeune sénégalais de 32 ans qui, après un DEUG en informatique, un master en Management International, un Master  en marketing et 2 ans dans le privé marocain en qualité de consultant en organisation, avant de  décider de rentrer dans son pays.