Interview de Monsieur Mountaga DIAO : DG d'Integral Logistix

INTEGRAL LOGISTIX est un Freight Forwarder Sénégalais (avec des branches au Sénégal, au Mali, en Guinée et bientôt en Côte d’Ivoire et à Bissau) avec une cinquantaine d’employés. Nous nous positionnons sur le marché de la Logistics comme une alternative valable aux grandes enseignes et multinationales historiques. Nous proposons à nos clients des solutions efficaces, fiables, et innovantes pour faciliter la gestion globale de leur Supply Chain. Pour cela, nous disposons de toutes les licences essentielles dans notre domaine. Nous sommes, commissionnaire agréé en Douane, en Transport, en Consignation de Navires et en Manutention Portuaire.

Nous sommes aussi représentants en Afrique de l’Ouest des 07 des plus grands réseaux de partenaires spécialisés dans le monde dont : World Cargo Alliance (WCA), la Fédération International des Transporteurs Aériens (FIATA) et Africa Logistics Network (ALN), pour ne citer que ceux-là.

Ces réseaux, représentent les plus grands groupements de transitaires et de freight forwarder au monde et nous assurons donc une couverture mondiale de toutes les opérations qui nous sont confiées. Nous venons, à titre illustratif, de finir l’organisation de la 4ième conférence annuelle de Africa Logistics Network (ALN) à Dakar durant la période du 08 au 12 Octobre dernier au KING FAHD PALACE avec la participation de près de 140 délégations venues du monde entier. L’an dernier, nous étions déjà le Hosting member de la 2nde conférence annuelle Africa Freight Bridge Network (AFBN) qui s’est tenue au Radisson avec près 75 délégations.
 

En langage mathématique, le terme Intégral symbolise la somme et l’intégration. Logistix s’écrit très souvent, dans le milieu, avec « cs » à la fin, j’ai mis le « x » à la place pour rester dans le thème des mathématiques.

Cette approche peut être surprenante, mais elle s’explique tout simplement par le fait que j’ai eu une formation scientifique à la base. J’ai voulu juste associer mon expérience professionnelle à celle académique. 

En réalité, j’ai toujours eu cette impression que je n’ai jamais été à ma place en entreprise. J’y étais en ayant le sentiment chaque matin au réveil, que c’était un complément à ma formation. Au fond de moi, je pense que j’ai toujours été entrepreneur dans l’âme avec le fort besoin d’être utile au plus grand nombre et d’être indépendant. C’est ma conviction profonde et c’est ce qui me définit.

Ce qui finalement est loin d’être un gage de réussite mais essentiel pour « tenir » et rester engagé tout le temps jusqu’au bout. Et donc, après 13 ans d’expérience, l’idée s’est précisée et je me suis sentit plus en confiance à me lancer. 

Ça s’est fait un peu par hasard. DHL Express m’a débauché d’une banque ou j’étais en poste comme analyste financier. Je me suis découvert toute de suite une passion pour la logistique et j’y ai donc développé rapidement de bonnes aptitudes. Toutefois, cette formation en finance me servira davantage dans mon rôle actuel de dirigeant d’entreprise. Comme quoi, toutes les connaissances sont bonnes à consolider dans l’entreprenariat.

Le Sénégal est un grand pays de logistique historiquement et géographiquement avec le Port Autonome de Dakar (PAD), porte d’entrée naturelle pour le Mali et accessoirement pour la Gambie, le Cap Vert et même souvent les 02 Guinées au Sud. C’est aussi un Hub naturel proche des Amériques et de l’Europe. Le pays reste aussi une alternative intéressante pour les escales sur le plan maritime et aérien.

D’une part, depuis quelques années, l’offre de formation est bien pourvue ce qui permet à des milliers de jeunes de s’y lancer. Les opportunités, dans un avenir proche, seront nettement plus intéressantes avec les projets en cours, l’exploitation minière, du gaz et du pétrole, qui représentent tous de grands enjeux logistiques.

D’autre part, toutes les stratégies mises en place pour un Sénégal émergeant (dans la santé, l’agriculture, les infrastructures, …etc) atteindraient difficilement leur objectif sans une plateforme logistique assainie et soutenue.

C’est pourquoi, en tant que Chef d’entreprise, je pense que la puissance publique doit d’avantage soutenir le secteur de façon à créer ses propres champions nationaux. C’est bien la meilleure façon de sauvegarder une plus grande valeur ajoutée sur la vente des services. Pour le moment, les grandes multinationales tirent plus facilement leur épingle du jeu, sans avoir à beaucoup investir dans le fond. Elles ont pratiquement toutes du « asset-light business » model.

Ce sont essentiellement des problèmes d’accès au financement (tant sur l’investissement que sur la trésorerie).

D’une part, les investissements en Logistique peuvent être très lourds. A moins d’avoir des garanties hyper solides, les banques sont peu enclines à financer, aussi nombreuses soient-elles, et ce quel que soit la qualité du business présenté.

D’autre part, le problème le plus crucial reste la trésorerie qui est en train de pousser à la faillite beaucoup de PME-PMI. Cela est un problème inhérent à pratiquement tous les secteurs, mais en particulier dans le secteur de la logistique ou en aval tout est payé presque au comptant alors qu’en en amont les délais sont de plus plus long, pouvant atteindre jusqu’à plus de 90 jours, y compris et particulièrement dans les grands projets de l’Etat ; par exemple sur le chantier du Train Express Régional.En plus dans le secteur de la logistique, considérée comme facteur clé de l’efficacité et de la compétitivité de l’économie, les services et installations ne répondent pas encore aux besoins, en particulier en dehors de l’agglomération de Dakar.

 

Il y’a déjà beaucoup de choses qui sont en train d’être fait au Sénégal. Les nombreux projets sur les infrastructures (routes, autoroutes, ponts, rails, Diamniadio), les nouveaux ports (Ndayane et minéralier de Bargny), le nouvel aéroport AIBD, la ZES …etc ; sont tous de nature à améliorer le développement et les performances du secteur. Qu’ils poursuivent leurs efforts dans ce sens. C’est encourageant et très prometteur pour nous les acteurs.

Il suffit à l’Etat d’identifier les aspirants sérieux et méritant et leur permettre d’émerger comme des champions nationaux. Le bienfondé et la pertinence d’une telle stratégie est davantage justifiée par le démarrage des activités d’exploitation pétrolière et gazière en offshore bientôt.  Par exemple, trouver des mécanismes de garanties pour aider au financement des investissements en matériels logistiques. Autrement, des grandes compagnies étrangères vont venir jouer ce rôle à notre place causant un sérieux dommage à notre économie. L’Etat doit absolument rassurer les acteurs nationaux pour qu’ils cessent de penser que les entreprises étrangères sont favorisées à leur détriment. Malheursement ; pour le moment, c’est la perception la mieux partagée dans le milieu.

Ainsi, pour l’amélioration de la performance et de l’efficacité des secteurs des transports et de la logistique, il faut simplifier son organisation. Avec des responsabilités éclatées entre divers ministères et agences, la gouvernance de ces secteurs serait incohérente. Cette dernière ne pourrait être améliorée que par le regroupement de tous les modes de transport au sein d’un même ministère avec une vision unique d’ensemble pour le développement des transports et de la logistique.
 

Curieusement, la couleur blanche est la somme de toutes les couleurs. Le noir en est l’absence. C’est la science qui le dit ! Par analogie, l’entrepreneur n’est pas son propre patron. En réalité tout le monde est le patron de l’entrepreneur (ses clients, ses fournisseurs et ses employés). Il vit en permanence une solitude indescriptible à chercher, seul, le bonheur de ses patrons. Il cherche en permanence l’équilibre entre son rêve et la réalité. Il doit être généreux, parce que prêt à se sacrifier pour ceux qui ont cru en lui : sa famille qui ne le voit plus, ses amis à qui il manque, ses employés qui ont pris le risque avec lui, ses fournisseurs qui lui ont fait confiance, ses clients qui lui ont donné une chance.

On n’est jamais prêt pour se lancer ! peu importe ses connaissances, peu importe ses moyens, peu importe si c’est lent, l’entrepreneur doit durer le plus longtemps possible et tenir. Il apprendra, il aura des moyens et des situations favorables, des opportunités se présenterons à lui mais en attendant il doit se bouger et chercher la première opportunité …. Bref, qu’il fasse en sorte d’exister tous les jours.
Ce n’est facile pour personne en réalité. Pour cela, il ne suffit pas de rester motivé, il faut l’être tous les jours, aujourd’hui plus qu’hier. A partir du moment où il a décidé de se lancer, tout lui parait insurmontable et le décourage ; c’est bien là son premier test qu’il lui faut absolument réussir. Faire de soi-même son premier « chantier », changer et être meilleur que la veille ! Et puis travailler sans relâche. Faire les choses et arrêter de ne faire que les planifier et tourner autour.

Les Hommes diffèrent de ce qu’ils font de leur temps. Consacre-le tient au travail, cela ne te garantit pas d’être milliardaire, mais (ça) t’éloignera au minimum de l’ennui et du besoin. 
 

Une référence et un acteur majeur dans notre domaine. Un instrument important pour les acteurs privés comme publics dans leur prise de décisions. Avec en plus de petits modules de formations que je partage toujours avec mes équipes.
Dans notre domaine, nous le lisons tous. Je vous félicite, je vous encourage et je vous remercie.

L'invité

Titulaire d’un Master en finance, option Valeurs Mobilières, Mountaga DIAO est un jeune entrepreneur Sénégalais, de 42 ans, marié, père de 03 enfants.

Il est le Directeur Général de INTEGRAL LOGISTIX, une des plus grandes compagnies de Freight Forwarding au Sénégal qu’il a fondé en juin 2014, après 13 ans d’expériences passés auprès de multinationales dont Philip Morris, BNP Paribas (BICIS), DHL et DAMCO.