Côte d'Ivoire : imbroglio juridique autour des motos-taxis d'Abidjan

Par thierno - 29 mai, 2019 - 16:46

Le ministère ivoirien des Transports avait demandé aux populations du District d’Abidjan, via un communiqué, de se détourner du mode de transport des moto- taxis pour leur propre sécurité et a engagé les forces de l’ordre à poursuivre les opérations de mise en fourrière, débutées 72 heures avant la sortie du communiqué du 2 mai 2019. 

Avec l'objectif de désenclaver certaines communes du District d'Abidjan, la startup française Heetch développe depuis le début de l'année une application de motos-taxis à la demande pour les usagers. Reste que la législation ivoirienne n'apporterait pas un texte clair sur la légalité de l'exercice de cette activité, alors que le ministère des Transports a déjà tranché.

La société Heetch veut contribuer aux efforts de facilitation et de sécurisation des déplacements en Côte d'Ivoire. Dans un entretien à la presse cette semaine, le directeur général Afrique de la startup française, Patrick Pedersen, a indiqué que sa société a mis sur pied depuis le début de l'année une application «les moto-taxis à la demande» pour «désenclaver» certaines communes du District d'Abidjan.

Heetch opère depuis 6 ans à Paris dans le transport entre particuliers et au Maroc où ses activités développées, avec une flotte de taxis partenaires qui s'élèverait de 5 000.

«Heetch ne fournit pas de motos aux individus. Chaque postulant vient avec son engin pour se soumettre aux conditions définies avant que nous ne l'engagions. En ce moment, nous travaillons avec 25 chauffeurs sur près de 500 qui ont postulé et qui ont été recalés par les critères», a révélé Patrick Pedersen.

Imbroglio juridique

Malgré cet enthousiasme affiché, Heetch pourrait faire face à des difficultés d'ordre administratif. En effet, son entreprise arrive sur le marché alors que l'Etat ivoirien part en guerre contre les motos-taxis dans le transport en commun en milieu urbain. «La législation ivoirienne selon nos avocats n'interdit pas les motos-taxis. Ce n'est pas illégal, ce n'est pas légal», a confié Pedersen qui reste cependant optimiste.

Pourtant le 2 mai, le ministre des Transports, Amadou Koné, rappelait via un communiqué que «ces engins communément appelés "motos-taxis" ne disposent d'aucune autorisation émanant de l'Etat, des autorités District d'Abidjan ou des communes qui le composent». Le ministre ajoutera que «les activités de transport de personnes ou de marchandises sont soumises à autorisation préalable et à un régime particulier d'assurance».

«Nous sommes d'accord avec le ministre qui parle de désordre dans ce secteur. Ce n'est pas ce que nous voulons. Nous souhaitons plutôt une profession organisée à travers une ou plusieurs applications de sorte qu'il ait une traçabilité. En ce moment, on sait qui est le chauffeur, qui est le passager. Je veux bien qu'il ait plusieurs applications, mais à condition qu'elles remplissent les mêmes conditions de sécurité : permis, assurance, motos en bon état...».

«Les autorités du District d'Abidjan et des communes ont apprécié le projet [...] Heetch a généré plusieurs milliers d'emplois en France et au Maroc. Ici à Abidjan, selon nos estimations, dans deux ans, on devrait générer 4 000 emplois. Ce sont des gens qui seront déclarés, qui vont conduire des motos et sortir de l'informel », a avancé le DG de Heetch.

Tribune Afrique

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