Coronavirus : ces activités qui profitent de la crise

Par thierno - 27 mai, 2020 - 14:18

Si tout le monde s’accorde quant aux secteurs qui seront les plus sévèrement touchés par l’actuelle pandémie (tourisme, transport aérien, aéronautique, évènementiel…), les conjectures vont encore bon train quant à ceux qui, au contraire, pourront bénéficier dans la durée dans le monde Post Covid-19.

Mais, d’ores et déjà, quelques métiers et activités devront vraisemblablement figurer dans le palmarès marocain (et probablement mondial) des gagnants potentiels… à condition pour certains d’entre eux, d’avoir survécu aux conséquences immédiates de cette crise inédite qui a mis à genoux l’économie mondiale !

Fabrication et distribution des dispositifs médicaux

Nettement moins connu que celui de l’industrie pharmaceutique, le secteur du dispositif médical est non moins crucial pour la santé publique et l’accès au soin des citoyens. Avec un marché de près de 3 milliards de dirhams en 2019 (en hausse régulière depuis une décennie), ce secteur est encore loin d’avoir atteint sa vitesse de croisière au vu des besoins d’investissement colossaux du pays en équipements de santé et, par ricochet, en consommables.

Ce que reflète d’ailleurs le ratio dépenses de santé/PIB, actuellement autour de 6,5%, alors que la Banque Mondiale et l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) n’ont eu cesse de recommander de hisser à 10%.

Or, la crise du Covid-19 est venue mettre davantage à nu cette réalité, ainsi que celle de l’étroite dépendance du Maroc vis-à-vis de l’étranger pour ses besoins en équipements et consommables médicaux, sachant que la production locale est limitée à quelques types de consommables de faible et moyenne technicité produits par des acteurs comme Promamec (sets d’accouchement, d’hémodialyse et d’urologie…), Sterifil (gaze hydrophile, compresses, sparadrap, sondes et fils chirurgicaux) et Soludia (bicarbonate en poudre pour hémodialyse) couvre moins de 10% des besoins du pays. 

Voilà donc un secteur que l’Etat planificateur serait bien avisé de doter en moyens importants pour en faire une véritable industrie, voire un nouveau «métier mondial»…. comme cela a été fait en Turquie, dont l’industrie du dispositif médical compte déjà plus d’un millier de fabricants et figure même parmi les secteurs exportateurs prometteurs.

Location de matériels de BTP, manutention et de levage

Après avoir subi de plein fouet l’effet de la crise du Covid-19 à cause de l’arrêt de la quasi-totalité des chantiers de travaux et de construction à travers le pays, la location des engins de travaux publics et autres matériels de levage (grues mobiles et fixes) et de manutention (chariots, nacelles et autres), devra bénéficier dès la sortie de crise de l’élan structurel des donneurs d’ordre (entreprises de BTP, opérateurs de manutention portuaires et aéroportuaires, acteurs logistiques, grands groupes industriels) à variabiliser leurs charges.

Or, par gros temps économiques qui s’annoncent à l’horizon sans compter le risque de résurgence de pareilles pandémies sanitaires et leur cortège de shut-down économique et de reprise incertaine, les avantages bien connus de la location par rapport au tropisme de la propriété se trouvent décuplés.

Car, quand la demande des clients habituels se tarit et l’exécution du carnet de commandes devient elle-même problématique, un parc de machines et d’engins détenus en propre devient tout simplement un fardeau insoutenable entre service de la dette (redevances de leasing ou remboursement de la dette bancaire), coût de maintenance, frais de parking, coûts de réacheminement vers les entrepôts (mise à l’arrêt des chantiers oblige), etc.

Le plus dur pour les loueurs de ces équipements, est de survivre à cette crise inédite, mais l’avenir post-Covid19 leur appartient indubitablement…ou à ceux qui auront survécu.

E-commerce et livraison à domicile

Avec un volume d’opérations de paiement en ligne déjà en forte croissance d’année en année (+18% en nombre et +47% en montant au titre de 2019 comparativement à l’année précédente), le e-commerce devra enregistrer un bond encore plus prodigieux au Maroc au titre du premier semestre 2020, au vu des contraintes que l’actuelle crise a imposées en termes de limitation des déplacements et fermeture des écoles, des magasins de prêt à porter, clubs de sport et autres commerces.

En effet, le confinement a encouragé les gens à effectuer des achats en ligne, y compris pour leurs achats alimentaires toujours théoriquement possibles dans les épiceries et les grandes surfaces non touchées par les mesures de fermeture.

D’ailleurs, plusieurs commerçants qui étaient jusqu’alors réticents à prendre le virage du digital, ont décidé de proposer leurs produits en livraison ou en retrait en magasin.

Et selon tous les spécialistes des modes de consommation et autres futurologues, cette tendance est partie pour s’installer dans la durée et profiter tant aux acteurs de la logistique du E-commerce (opérateurs de messagerie classique ou nouvelles start-ups qui ont profité de l’aubaine, telles Allo Tawsil ou Le Petit Coursier), qu’aux intervenants de la chaîne technologique de ce canal, tels les Acceptant en paiement en ligne (et à leur tête le Centre Monétique Interbancaire) et  les PSP (Payment Service Provider) comme VPS et Maroc Telecommerce. 

Cela améliorera-t-il le piètre classement actuel du Maroc dans l’indice de la CNUCED du commerce électronique (95ème rang mondial) ? A voir lors du prochain classement en décembre 2020.

Logistique contractuelle

Alors que le transport de marchandises a nettement ralenti pendant la crise actuelle au vu du net repli des activités «non essentielles», la logistique contractuelle (qui englobe les prestations, pour compte d’autrui, de l’entrepose, de la préparation de commandes et autres services à valeur ajoutée tels le co-packing, packs assortis RCT…) a, elle, nettement moins souffert.

D’une part, il fallait accompagner la surconsommation des produits alimentaires et d’hygiène des premières semaines de confinement en s’adaptant également à la vague d’achats en ligne mais, d’autre part, car les stocks des produits non essentiels durant cette période et dont la consommation a naturellement ralenti (de diverses ampleurs) sont tout de même restés dans les entrepôts au grand bonheur des prestataires logistiques….mais également de celui des industriels et importateurs de biens et de marchandises qui avaient déjà externalisé leur logistique.

Car, ceux qui ont une logistique totalement internalisée se sont retrouvés avec des entrepôts quasiment vides ou à très faible rotation, sans compter les frais fixes annexes (manutentionnaires et préposés à la logistique, coûts de rayonnage, équipements électriques et de sécurité…).

Aussi, il est établi aujourd’hui, que le post Covid-19 va intimer les plus réfractaires à opter pour la logistique contractuelle qui permet de variabiliser et optimiser ses coûts logistiques et une certaine agilité de la supply-chain…..y compris parmi ceux qui renâclaient à franchir le pas pour des raisons de transparence fiscale (qui dit externalisation logistique, dit nettement moins de latitude à «bidouiller» les stocks et sous-déclarer le chiffre d’affaires) ! 

 RACHID BOUTALEB

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