Conteneurs. Le trafic mondial repart de plus belle, avec sa part de risques

Par ediallo - 12 janvier, 2021 - 13:26

Après un début d’année 2020 au ralenti, la demande de transport de conteneurs repart en flèche. Les commandes de navires battent des records, mais les boîtes qu’ils transportent, symboles de la mondialisation, ont aussi leurs dangers.

Le trafic de conteneurs est reparti de plus belle depuis l’été 2020. Après un net recul pendant la longue période de confinement qui a affecté la production chinoise et la consommation occidentale au premier semestre, la soudaine croissance surprend les armateurs. Les navires manquent et les taux de fret (le prix du transport) augmentent.

Pourquoi une telle demande ces derniers mois ?

C’est d’abord l’effet du rebond de l’activité économique, associé au confinement partiel et à la généralisation du télétravail.Tout ce qui n’a pas été dépensé dans les services, voyages, sorties, l’a été pour la vie quotidienne.

Nous constatons un boom des besoins pour la maison et le bureau, ordinateurs, meubles pour enfants, tapis de sol, vélos, etc.  ​expliquait Olivier Nivoix, le directeur des lignes maritimes de CMA CGM en décembre.

Si on ajoute une explosion de l’e-commerce et la nécessité, pour de nombreux importateurs de reconstituer leurs stocks, on a tous les ingrédients d’une demande soutenue notamment au départ de Chine. Une demande qui pourrait se maintenir dans les prochains mois.

L’offre des armateurs parvient-elle à y répondre ?

Dès novembre 2020, l’Association des utilisateurs de transport de fret (AUTF) et le Conseil européen des chargeurs (ESC) ont sonné l’alarme.

Ils déploraient l’allongement des délais et l’augmentation des tarifs. Certains armateurs, dont les navires étaient complets, avaient en effet dû refuser des marchandises et sauter des escales… Avant de pouvoir à nouveau augmenter leurs capacités.

Mais l’effet n’est pas immédiat. D’autant qu’un autre problème se pose encore : le manque de conteneurs.

Malgré quelque 24 millions d’unités en circulation dans le monde, la Chine, principal exportateur, manque de boîtes vides. Celles-ci se sont accumulées du côté des consommateurs, notamment en Amérique, et il va falloir du temps pour rééquilibrer leur distribution.

D’où la hausse des tarifs ?

L’indice du fret d’exportation au départ de Shanghai (Chine), plus grand port du monde, a en effet dépassé 2 700 en toute fin d’année alors qu’il tangue normalement entre 700 et 1 000.

Cela traduit des coûts de transport entre le Chine et l’Europe multipliés par trois… Pour les chargeurs qui n’ont pas pris la précaution d’un contrat à long terme avec un transporteur.

Ajouté à des délais qui ont tendance à s’allonger dans les mêmes proportions, on peut comprendre leur impatience.

Qui dit plus de trafic dit plus de pertes ?

Même s’il n’y a pas forcément de lien direct, 2020 sera une année noire pour les pertes de conteneurs en mer.

Les chiffres ne sont pas encore connus, mais avec vingt sinistres déclarés dont la perte de près de 1 900 boîtes par le porte-conteneurs One Opus , le 30 novembre 2020 au large d’Hawaii, il est certain que la moyenne des dernières années sera pulvérisée.

Selon le World Shipping Council, entre 2008 et 2019, cette moyenne s’est élevée à 1 383 conteneurs par an. Et elle serait en baisse.

Ces conteneurs à la mer sont-ils polluants ?

Ils sont en tout cas considérés comme tels par le Centre de documentation, de recherche et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (Cedre) qui leur consacre un long dossier dans son bulletin de décembre 2020.

Ce sont d’abord souvent des Ofnis (objets flottants non identifiés). « La liste des accidents impliquant des porte-conteneurs ne cesse de s’allonger, sans compter les accidents suspectés comme le naufrage du thonier congélateur Avel Vor dans le golfe de Guinée, probablement causé par un conteneur »​, indique le Secrétaire général à la mer en introduction.

Tandis que plus loin, les experts brestois font la liste des matières dangereuses que l’on peut y trouver. Celles-ci doivent être déclarées et chaque conteneur marqué, mais ce n’est pas toujours le cas. Quand ce n’est pas sciemment que la marchandise annoncée a été remplacée par une autre…

Stéphane GALLOIS

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