Aérien : 1 % de la population mondiale cause la moitié des émissions de CO2

Par ediallo - 20 novembre, 2020 - 08:41

Une étude montre qu'une minorité de la population mondiale prend l'avion régulièrement. Les Américains sont ceux dont le bilan carbone lié au secteur aérien est le plus élevé. Pour les chercheurs, la pandémie Covid-19, qui a mis un coup d'arrêt à ce secteur, représente une opportunité de « débattre de la gouvernance climatique de l'aviation ».

Peut-on encore être écolo et prendre l'avion ? Ce mode de transport est de plus en plus décrié dans l'opinion publique, au point qu'un mot (« flygskam ») a été inventé pour désigner la honte de prendre l'avion au vu des conséquences environnementales d'un vol.

Ce mercredi, c'est une étude relayée par le « Guardian » qui montre du doigt les « super émetteurs » de CO2 : les habitués du transport aérien.

Ces « grands voyageurs » représentent seulement 1 % de la population mondiale mais ont causé la moitié des émissions de carbone de l'aviation en 2018, d'après cette étude publiée dans la revue « Global Environmental Change».

Selon les chercheurs, leurs travaux ont montré que ce groupe d'élite bénéficiant de vols fréquents avait un impact important sur la crise climatique affectant l'ensemble de la planète.

Les Américains en tête des émissions carbone de l'aérien

Les usagers de l'avion sont, sans surprise, issus pour la plupart de pays à revenus élevés. D'après l'étude, les Américains détiennent de loin la plus grande empreinte carbone parmi les pays riches : leurs émissions aériennes sont plus importantes qu'une dizaine de pays réunis, comprenant le Royaume-Uni, le Japon, l'Allemagne et l'Australie.

En moyenne, les voyageurs nord-américains ont parcouru 50 fois plus de kilomètres en avion que les Africains en 2018, 10 fois plus que ceux de la région Asie-Pacifique et 7,5 fois plus que les Latino-américains.

Les Européens et ceux du Moyen-Orient ont volé 25 fois plus de kilomètres que les Africains et cinq fois plus que les Asiatiques.

Les « habitués » responsables d'une grande partie des vols

Mais une grande proportion de personnes, même dans les pays les plus riches, ne prend quasiment jamais l'avion : environ 53 % aux Etats-Unis, 65 % en Allemagne, 66 % à Taiwan ou 48 % au Royaume-Uni.

En 2018, seule 11 % de la population mondiale a pris l'avion, soit 845 millions de voyageurs aériens, sur une population totale de 7,5 milliards, d'après les calculs des chercheurs.

La part de la population ayant volé à l'étranger est encore plus faible, environ 4 %, car une part importante des voyages aériens a lieu à l'intérieur des pays.

Et ce sont les voyageurs habitués, prenant l'avion quasiment tous les jours, qui sont les plus impactant, estiment les chercheurs. Par exemple aux Etats-Unis, les voyageurs les plus fréquents (6 vols ou plus par an) représentent 68 % de tous les vols effectués.

100 milliards de dollars de dommages climatiques

« Si vous voulez résoudre le changement climatique et que nous devons repenser [l'aviation], alors nous devrions commencer par le haut, où quelques 'super émetteurs' contribuent massivement au réchauffement climatique », a déclaré Stefan Gössling de l'université de Linnaeus en Suède, qui a dirigé l'étude.

Bien que le transport aérien se soit engagé à se « verdir », ce mode de transport reste globalement responsable de 2,8 % des émissions de CO2 dans le monde. D'après l'étude, le coût des dommages climatiques causés par les émissions de l'aviation est estimé à 100 milliards de dollars en 2018.

Alors que la pandémie de Covid-19 a mis un sérieux coup d'arrêt au secteur aérien, les chercheurs estiment que cette crise représente « une opportunité de réduire le système de transport aérien » et de « repenser l'aviation en termes de répartition de la demande, des envies et des besoins du transport aérien (avions privés, suites de première classe) ».

Selon eux, les politiques climatiques existantes pour l'aviation sont inadéquates. Interpellé par le « Guardian », un porte-parole de l'Association du transport aérien international (Iata) a toutefois rappelé que, malgré la crise, « les compagnies aériennes ont convenu d'explorer les moyens de parvenir à zéro émission nette vers 2060. »

Leïla Marchand

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